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SOCIÉTÉ BELGE DE GÉOLOGIE

DE PALÉONTOLOGIE ET D'HYDROLOGIE

BULLETIN

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SOCIÉTÉ BELGE DE GÉOLOGIE

DE PALÉONTOLOGIE ET D'HYDROLOGIE

(BRUXELLES)

Vingt-troisième année

Tome XXII -— 1909

BRUXELLES

HAYEZ, IMPRIMEUR DES ACADÉMIES ROYALES DE BELGIQUE

Rue de Louvain, 112

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Tome XXII 1909 Ho Qi

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PROCÉS-VERBAUX DE LA

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BRUXELLES TOME XXIIL ANNÉE 1909

SÉANCE MENSUELLE DU 19 JANVIER 1909. Présidence de M. CG. Malaise. La séance est ouverte à 20 h. 55 (28 membres sont présents).

Décés :

Le Bureau a le regret de faire part à nos confrères du décès de M. Isaac-Isaac, administrateur délégué de la Société des Charbonnages Belges, qui avait été d’un puissant secours à la Société dans l’établis- sement de la station sismique de Frameries.

Distinctions honorifiques.

Notre confrère M. De Schrvver a été promu inspecteur général

des Ponts et Chaussées.

- M. le capitaine-commandant Mathieu vient d’être nommé second professeur à l'Ecole militaire.

Adoption du procès-verbal de la séance de décembre :

Erratum. Dans la communication de M. Leriche, page 381, paragraphe, ligne 3, on est prié de lire Tetrapturus au lieu de Tetrapterus.

Le Secrétaire général, en s’excusant de cette coquille, eroit utile de signaler à nouveau que la publication mensuelle du Bulletin n’est pos- sible que si les auteurs remettent leur manuscrit en séance et ne font pas de remaniements excessifs ; le moindre retard de la part d’un col- laborateur empêche l’envoi aux intéressés de l'épreuve mise en pages,

même lorsque celle-ci est demandée; on ne saurait done trop recom-

mander la correction très soignée de la première épreuve.

2 j PROCÉS-VERBAUX.

Correspondance :

1. M. A. Rutot, empêché, s'excuse de ne pouvoir assister à la séance.

2. M. E. Lagrange, retenu par des devoirs impérieux, prie le Bureau de reporter à la prochaine séance la communication qu'il avait annoncée.

3. Le Gouverneur du Hainaut nous à fait parvenir le subside de cinq cents francs que le Conseil provincial nous a alloué pour 1908.

4. La section d'Histoire naturelle du Musée du royaume de Bohême fait part de ce qu’à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la mort de Joachim Barrande, elle a fait redorer son glorieux nom inscrit sur les rochers de Kuchelbad.

5. La Société d’Anthropologie de Paris célébrera les 7, 8 et 9 juillet prochains le cinquantenaire de sa fondation. Elle demande à notre Société de déléguer un de ses membres pour prendre part à cette com- mémoration.

6. La Fédération archéologique et historique de Belgique tiendra sa XXIe session à Liége, du samedi 51 juillet au jeudi 5 août. Le Congrès comporte une section de préhistoire et de protohistoire. Cir- culaire à la disposition de nos membres.

7. M.E. Martel adresse aimablemeut à la Société un lot important de ses publications nouvelles.

Dons et envois reçus : Périodique nouveau :

5147. Tananarive. Guide annuaire de Madagascar et dépendances. 1903 à 1051908:

Extraits des publications de la Société :

9148. de Munck, E. Découverte d'éolithes sous le sable tertiaire (Om) de Rocourt lez-Liége. Procès-verbaux de 1908, 2 pages (2 exem- plaires).

5749. Maillieux, E. Sur quelques fossiles du Givétien et du Frasnien du bord méridional du bassin de Dinant. Procès-verbaux de 1908, 5 pages.

Découverte d'une dent de poisson dans les schistes de Frasnes, à Phi- lippeville. Procès-verbaux de 1908, 2 pages.

9190.

9191. 9192.

9193.

9194.

5755. 5756. 5787. 5738. 5759. 8760.

9761.

-5162.

SÉANCE DU 19 JANVIER 1909. 5)

Maillieux, E. Pentamerus Loëi, espèce nouvelle du Couvinien supérieur Cobm. Pracès-verbaux de 1908, 7 pages.

Quelques mots sur le récif de marbre rouge de l'Arche, à Frasnes. Procès -verbaux de 1908, 4 pages (2 exemplaires).

Mourlon, M. Sur la découverte de l’Elephas antiquus au Kattepoel, à Schaerbeek lez- Bruxelles, dans un dépôt rapporté au Quaternaire moséen. Procès-verbaux de 1908, 7 pages (2 exemplaires).

Montessus de Ballore. La Science séismologique. Les tremblements de terre. (Compte rendu bibliographique, par E. L.) Procès-ver- baux de 1908, 5 pages. (2 exemplaires.)

van den Broeck, E. Les rivières souterraines filtrées. Notions hydrolo- giques nouvelles fournies par les assises tournaisiennes des chenaux synclinaux calcaires du Condroz. Procès-verbaux de 1908, 4 pages. (2 exemplaires.)

De la part des auteurs :

Catalogue général. Ages de la pierre, du bronze, du fer. (Comptoir d'Archéologie préhistorique.) Paris, 1908. Volume in-12 de 123 pages et 12 planches.

Abbott, C. C. Archacologia Nova Caesarea. III. Trenton, 1908. Volume de 94 pages et 12 figures.

Agamennone, G. L'eau, cause indirecte des tremblements de terre. Buda- pest, 1908. Extrait in-4° de 11 pages.

Altolaguirre (Angel de). Relaciones geograficas de la Gobernacion de Venezuela( 1767-1768). Madrid, 1909. Volumein-8° de 399 pages.

Degens, P. N. Legeeringen van Tin en Lood. Dordrecht, 1908. Volume in-8° de 77 pages et 31 figures.

Dienert, F. Sur deux causes d'erreur dans les expériences à lu fluor- escéine. Extrait des COMPTES RENDUS DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES, Paris, 1908, 2 pages.

Dienert, F., Guillerd, À., et Marrec. De l’emploi de l’acoustèle de Daguin pour la recherche des bruits souterrains. Extrait des ComPprTES REN- DUS DE L’ACADÉMIE DES SCIENCES. Paris 1908, 2 pages.

Martel, E. A. Le profil en long du Grand Canon du Verdon. Extrait des ANNALES DE GÉOGRAPHIE. Paris, 1908, XVII, pp. 395-403, 3 planches.

Martel, E. A. La marche à la Lune. Extrait du CoMPTE RENDU des séances du premier Congrès de l’Arbre et de l'Eau, à Limoges. Limoges, juin 1907, livraison, 15 pages et 1 planche.

9706.

9761.

5168.

5709. 0710.

9111.

PROCÈS-VERBAUX.

. Martel, E. A. Étude complémentaire sur la source de Fontaine-V Éve-

que (Var), en 1906. Extrait des ANNALES DU MINISTÈRE DE L’AGRI- CULTURE. Paris, 1906. 8 pages, 2 plans et 8 figures.

. Martel, E. A. La Côle d'Azur russe (Riviera du Caucase). Paris,

1909 (?). Volume in-4° de 358 pages, 495 illustrations et 1 carte en couleurs.

. Martel, E. A.,et Henry-Thierry (D'). Captage et protection hygiénique

des eaux d'alimentation. Extrait des ANNALES DU MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE. Paris, 1907. 21 pages, 21 planches et 33 figures (2 exemplaires).

Martel, E. A., et Le Couppey de la Forest. Étude sur la source de Fon- taine-l Évêque (Var). Extrait des ANNALES DU MINISTÈRE DE L’AGRI- CULTURE. Paris, 1905. 66 pages, 4 plans et 1 carte.

Molard (commandant). Les grottes de Sabart-Niaux et ses dessins pré historiques (Ariège). Extrait de SPELUNCA. Paris, 1908. 53. 17 pages, 3 plans et 4 figures.

Martel, E. A. Appendice : Les peintures et dessins préhistoriques les cavernes. 6 pages.

Gallois. L. Régions naturelles et noms de pays. Etude sur la région parisienne. Paris, 1908. Volume in-8° de 356 pages et 8 planches. (Don de léditeur A. Colin, de Paris.)

Fritsch, A. Ueber problematica Silurica. Extrait des SITZUNGSB. DER KGL. BôHu. GESELL. DER WIssENscH. Prague, 1908. T pages.

Leclercq, J. La Terre des Merveilles. Extrait de la REVUE GÉNÉRALE. Bruxelles, 1909. 9 pages.

Tesch, P. Der Niederländische Boden und die Ablagerungen des theines und der Maas aus der Jüngeren Terliär- und der Alteren Diluvialzeit. Amsterdam, 1908. Brochure in-8° de 74 pages et 1 carte.

Élection de nouveaux membres effectifs.

Sont élus par le vote unanime de l’Assemblée :

MM. V. Gicson, docteur en sciences, professeur à l’Athénée royal,

59, rue de Varsovie, à Ostende, présenté par MM. Rutot et Dollo.

le capitaine adjoint d'État-major écuyer A. De CaLLATAY, profes-

seur à l'École militaire, 5, rue Archimède, à Bruxelles, pré- senté par MM. Mathieu et Rabozée.

SÉANCE DU 19 JANVIER 1909. 0)

Communications des membres :

A. RuTOT. Quelques observations à propos de la dis- cussion relative aux silex crétacés du Hohe-Venn prussien.

M. A. Rutot a pris connaissance de la discussion qui s’est produite au sujet des appréciations émises par MM. E. de Munck et A. Renier, sur l’état dans lequel se trouvent les amas de silex des Hohe-Venn de l’Ardenne.

Il est aisé de voir que l'opinion de M. le professeur Holzapfel est basée sur des observations peu claires et incomplètes, alors que la solution du problème se trouve tout entière à Boncelles.

Là, sous un peu d'argile de la Campine, s'étend le cailloutis de quartz blanc et de roches de l’Ardenne décolorées (Kiesel Oolithe), que je considère comme d'âge poederlien.

En dessous se développe l’épaisse masse des sables aquitaniens, puis à la base on observe le cailloutis de silex, qui à pour origine première la dissolution complète de la craie à silex, dissolution qui s’est produite sur place.

Mais, à Boncelles même, lorsque le cailloutis de silex présente une certaine épaisseur, de 4 à 2 mètres, on remarque facilement que, avant l'invasion de la mer aquitlanienne, il à été plus ou moins remanié par des courants d'eaux sauvages qui y ont apporté et mélangé des galets bien roulés de silex noirs. Ces galets sont parfois assez abondants et répartis irrégulièrement dans la masse, tandis que les silex du cail- loutis sont restés soit intacts, ou bien montrent une légère usure des arêtes.

Si nous nous reportons maintenant sur les grandes altitudes où, probablement, les sables aquitaniens se sont déposés en couche moins épaisse et ces sables, surmontés du lit de cailloux blanes, ont subir depuis très longtemps un délavage énergique, nous y trouvons donc, à cause de la disparition du sable, le gravier de cailloux de quartz blanc reposant directement sur le gros cailloutis de silex in situ, ou quelque peu remanié sur place par des courants d’eau douce qui y ont apporté des galets de silex noir.

6 PROCÈS-VERBAUX.

Et alors, nous nous trouverons en présence du cailloutis de silex, résidu de la dissolution de la craie, pétri, vers le haut, de galets blanes et, dans sa masse, de galets noirs.

Le cailloutis pur, primitif, est donc représenté actuellement par un complexe dont la formation est due à des causes différentes accu- mulées, mais dans ce complexe, il n’en reste pas moins vrai que l’élé- ment principal est le cailloutis de silex resté in situ, auquel ont pu se mélanger accidentellement, à des époques très différentes, des galets, les uns noirs, les autres blancs.

Les amas de silex observés par M. E. de Munck et par M. le professeur Holzapfel, sur les Hohe-Venn prussiens, peuvent présenter les carae- tères mixtes qui viennent d'être signalés et, à mon avis, avec la réserve des perturbations qui se sont produites à deux reprises, M. de Munck est en droit de considérer le cailloutis de silex, pris en gros, comme un amas résultant de la dissolution sur place de la craie à silex, ou Eluvium, au lieu de le rapporter à un dépôt de transport.

En réalité, le cailloutis de silex est un ÆEluvium plus ou moins remanié par des actions secondaires, qui y ont introduit accidentelle- ment des matériaux de transport.

Prof: C. Mazaise. Modifications de l’échelle stratigraphique du Silurien de Belgique.

La stratigraphie du système silurien de Belgique et son synchro- nisme avec les divisions du Pays de Galles ont été fixés pour la plupart de ses divisions.

Depuis 1900, j'ai signalé la présence du Llandeïlo dans le Brabant, dans des couches inférieures à l’assise de Gembloux et caractérisées par Primilia simplex et Illænus giganteus, mais il restait encore à fixer l’équivalence des quartzophyllades de Villers et des roches noires de Mousty.

J'ai présenté à la séance du 9 janvier 1909 de l’Académie royale des Sciences de Belgique, une note : «Sur la position de l’assise de Mousty», dans laquelle j'établis leur âge géologique.

La position de ces roches noires, fixée d’une façon que Je crois bien: être l'expression de la vérité, m'a suggéré une idée nouvelle sur l’âge probable des quarizophyllades de Villers.

Je considère les roches noires de Mousty : schistes et quartzites noi- râtres, schistes graphiteux, noirâtres, pyriteux, avec rognons et amas

SÉANCE DU 19 JANVIER 1909. fi

de phtanite noir compact, et amas de calcaire noir, anthraciteux, à ostracodes, comme l’équivalent des schistes alunifères de Suëède. Ceux-ci sont divisés en schistes alunifères supérieurs à Dictyonema et à Olenus Lingula Flags et en schistes alunifères à Paradoxides Menevien.

J'ai trouvé dans les calcaires noirs de Franquenies (Mousty), à la surface de cassures, de petits ostracodes, appartenant au genre Primitia, et dans les coupes minces du même calcaire, l'examen microscopique m'a montré des sections de Primitia que je rapporte à l'espèce observée à la surface : Primitia Solvensis R. J.

J'ai reconnu dans les mêmes plaques Primitia punctatissima KR. J. _ (Pr. buprestis Salt.).

Ces deux espèces du Lower Lingula Flags de Saimt-David, et la dernière, en outre, de Port Solva, se trouvant dans le Pays de Galles, dans des roches qui occupent le même niveau que les schistes aluni- fères de Suède, nous pouvons en conclure que nous avons à Mousty une formation géologique du même âge. Il y a donc lieu de chercher dans les roches noires, avec chance de les y rencontrer, l’assise à Olenus et l’assise à Paradoxides.

La découverte de la position géologique de lassise de Mousty m'amène à concevoir que les quartzophyllades de Villers sont d'âge plus ancien que les couches de l’Arenig, auxquelles je les avais jadis rapportées, avec beaucoup de doute.

Je les considère actuellement comme l’équivalent, dans le Brabant, des quartzophyllades du Salmien inférieur, étage qu’ils représentent ICI.

Je considère également les couches de Mousty comme représentant le Revinien de l’Ardenne.

Le Revinien de l’Ardenne repose sur le Devillien et est recouvert par le Salmien. Dans le Brabant, les quartzophyllades de Villers reposent sur les roches noires de Mousty, lesquelles recouvrent les roches de l’assise de Tubize avec roches bigarrées à leur partie supérieure.

Les faits précédents, découverte du Llandeilo et de l’âge de l’assise de Mousty, dans le massif du Brabant, m'ont amené à compléter l’échelle stratigraphique du système silurien de la Belgique, de la manière dont Je l’expose dans le tableau suivant, telle que je la conçois actuellement pour les massifs de l’Ardenne et du Brabant, et dans la bande de Sambre et Meuse, et leurs équivalents dans le Pays de Galles.

PROCÉS-VERBAUX.

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SÉANCE DU 19 JANVIER 1909. à)

Escène Maizcieux. Note sur quelques brachiopodes du Frasnien belge.

Si considérables que soient les travaux auxquels à donné lieu la faune dévonienne, bien des recherches sont encore nécessaires pour arriver à sa parfaite connaissance : chaque jour amène des découvertes nouvelles.

Souvent, des espèces, représentées par des échantillons défectueux, sont confondues avec d’autres, dont cependant elles diffèrent; mais 1l arrive un temps des spécimens mieux conservés permettent de fixer les formes dont il s'agit et de leur assigner une place définitive dans la nomenclature des êtres fossiles. Sans doute, il importe de ne pas surcharger cette dernière outre mesure, et des travaux de révision des espèces, comme ceux dont ont pris linitiative plusieurs savants, entre autres M. J. Gosselet (1), puis F. Béclard (?), sont hautement désirables ; mais 1l n’en reste pas moins vrai que l'étude approfondie des mutations d’une même forme peut, comme l'ont montré Îles recherches de M. Rigaux dans le Boulonnais, apporter une aide puis- sante aux études stratigraphiques, surtout pour des terrains présentant un complexe embrouillé comme notre Frasnien.

Dans un récent travail que, plusieurs fois déjà, J'ai eu l’occasion de citer, M. E. Rigaux (5) met en valeur les caractères différentiels qui séparent des formes longtemps confondues sous le même nom. notam- ment en fe qui concerne plusieurs espèces des genres Cyrtina et Athyris. Mes recherches dans le Dévonien des environs de Couvin, dont une partie des résultats ont été publiés déjà, m'ont permis de retrouver, en Ardenne, bon nombre des formes nouvelles mentionnées et décrites par notre savant collègue de Boulogne. Le but de cette note est d'ajouter, aux espèces précédemment signalées, cinq brachiopodes nouveaux pour la faune du Frasnien de Belgique, que j'ai rencontrés

(1) J. GosseLET, Étude sur les variations du Spirifer Verneuil. Lille, 1894.

() F. BécLanD, Les Spirifères du Coblenzien belge. Bruxelles, 1895. Catalogue sSynonymique et critique des Spirifères du Dévonien inférieur. Bruxelles, 1895.

(5) E. RicaAux, Le Dévonien de Ferques et ses Brachiopodes. Boulogne, 1908.

10 PROCÈS-VERBAUX.

récemment dans les gîtes si intéressants des environs de Couvin, ou dont la présence m’y a été indiquée. Ces fossiles sont :

Cyrtina Douvillei Rig. Rigauxi nov. sp. Athyris Bayeti Rig. Skenidium Lemeslii Rig. Rhynchonella (Pugnax) Lemeslii Rig.

Cyrtina Douvillei Rig. (1).

Presque toutes les Cyrtina que J'ai rencontrées dans notre Dévonien moyen et supérieur, diffèrent beaucoup de la Cyrtina heteroclyta Defrance, que citent presque exclusivement les listes des auteurs belges Je dois dire que je n’ai encore recueilli, jusqu’iei, Fespèce de Defrance bien caractérisée que dans le Dévonien inférieur, ainsi que dans les schistes et calcaire à Calcéoles (Cob n, m).

La Cyrtina la plus commune dans les dépôts frasniens des environs de Couvin, et notamment dans les schistes à Spirifer pachyrhynchus, est caractérisée par son bourrelet très anguleux et fortement saillant, ainsi que par le nombre (10 à 14) et la disposition de ses côtes rayon- nantes. Ces caractères ne permettent pas de la séparer de la Cyrtina Douvillei, créée récemment par M. E. Rigaux pour une forme qui existe, dans le Boulonnais, depuis le niveau du Spirifer Belliloci jusque dans le calcaire de Ferques.

Loc LITÉ. Cyrtina Douvillei est surtout abondante dans les schistes à Sp. pachyrhynchus de la carrière du cimetière, à Boussu-en- Fagne.

Cyrtina Rigauxi nov. sp.

Descriprion. -— Coquille de taille relativement assez forte, plus large que longue, atteignant sa plus grande largeur au bord cardinal. Ailes se terminant légèrement en éperons.

Petite valve convexe, à contour trapézoidal; bourrelet plat, peu saillant, offrant, près du front, un léger sillon médian ou encoche, et séparé des ailes par deux petites dépressions plus accentuées au bord frontal. Ailes portant chacune trois ou quatre côtes rayonnantes

(1) E. RiGaux, Loc. cit., p 20, pl. I fig. 9.

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aplaties, rudimentaires et fort peu visibles, à profil arrondi, et ne paraissant exister que dans la moitié marginale. Surface de la valve entièrement ornée, sur le bourrelet comme sur les ailes, de très fins plis rayonnants, arrondis, en nombre considérable, s’accroissant vers le front tant par bifurcation que par intercalation. Bord cardinal droit.

Grande valve pyramidale, très élevée; sinus anguleux, très net depuis le crochet, quoique peu profond, et portant, au milieu, un sillon peu marqué correspondant, au front, à l’encoche du bourrelet de la petite valve. Ailes portant le même nombre de côtes que la valve opposée, disposées de même, et ornées également de très nombreuses et très fines stries radiaires s’accroissant par dichotomie et par inter- calation. Area élevée, triangulaire, un peu concave, ornée de fines stries normales au bord cardinal, et portant un pseudodeltinum convexe dont l’usure ne permet pas de voir la perforation. Crochet légèrement tordu.

Les deux valves portent des siries d’accroissement concentriques très peu nombreuses et à peine perceptibles à la loupe.

Dimensions. Longueur : 0"009; largeur : 0"O14: hauteur 0"010. RAPPORTS ET DIFFÉRENCES. Cette espèce diffère de toutes les

Cyrtina dévoniennes que je connais, par sa conformation générale, la disposition de ses plis, son ornementation, qui rappelle celle du Spirifer transiens Barrande, et enfin, per le sillon qui divise son sinus et la parte postérieure de son bourrelet. Elle appartient à une espèce nouvelle, que je dédie à notre savant confrère, M. E. Rigaux, de Bou- logne.

GISEMENT ET LOCALITÉ. Cyriina Rigauxi se rencontre à Boussu- en-Fagne, dans les schistes à Spirifer pachyrhynchus de la carrière du cimetière, elle est très rare.

Cyrtinu Rigauxi, nov. sp.

a. Petite valve, grandeur réelle. b. Le même individu, vu du côté de l’area. c. Le même vu du côté de la grande valve.

12 PROCÉS-VERBAUX.

Athyris Bayeti Rigaux (1).

J'hésitais, jusqu’à présent, à assimiler à cette forme plusieurs coquilles trop déformées pour être déterminées avec certitude, mais que leurs caractères encore visibles semblaient rapporter à l'espèce du calcaire de Ferques. Quelques exemplaires en bon état m'ont permis, depuis peu, de constater la concordance des caractères de mes échan- üillons avec la diagnose de M. Rigaux, qui donne comme caractères distinctifs : le sinus visible dès le crochet, mais ne se prolongeant pas en languette; les lamelles concentriques d’accroissement plus fortes, moins nombreuses que celles de l’A. concentrica Murch., mais plus abondantes que chez l'A. rugosa Davids.; enfin, le foramen plus déve- loppé que celui de cette dernière espèce. = LOCALITÉ ET GISEMENT. Schistes à Sp. pachyrhynchus de la carrière du cimetière, à Boussu-en-Fagne.

Skenidium Lemeslii Rig. (2).

M. Rigaux à bien voulu m'écrire récemment qu'il a rencontré autrefois, dans les schistes du chemin de la carrière du Lion, à Frasnes, un Skenidium qu'il dénomme S. Lemeslii. Je n'ai pas retrouvé encore cette espèce. Le gîte signalé par M. Rigaux appartient, par sa position, à la zone à S. pachyrhynchus, mais les quelques fossiles que j'y ai recueillis n’offrent rien de caractéristique.

Rhynchonella (Pugnax) Lemeslii Rigaux (3).

Deux niveaux du Frasnien m'ont procuré quelques coquilles carac- térisées par leur taille plus petite, leur forme plus globuleuse que celle de la Pugnax Kaiseri, ainsi que par leur sinus peu profond, ce qui les rapporte à la Pugnax Lemeslü.

L'un de ces deux niveaux semble être synchronique de la zone à Sp. Belliloci du Boulonnais, à laquelle est circonserite la P. Lemeslü : il paraît appartenir à la zone à Camarophoria formosa, et est constitué par la bande de schistes noduleux dont le calcaire à Pentamerus brevi-

(1) E. RiGaux, Loc. cit., p. 19, pl. I, fig. 1.

(2) E. RIGAUX, in litt., 3 décembre 1908.

(3) E. RiGaux, Mémoires de la Société acudémique de Boulogne, t. XVI, 1899, p. 105, DIT he.

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rostris, à l’Érmitage (Boussu-en-Fagne), forme le substratum. Le second niveau n’est autre que la zone à Sp. pachyrhynchus de la carrière du cimetière, également à Boussu-en-Fagne.

Pugnax Lemeslii paraît assez rare dans les deux zones.

A. Doyen. Contribution à l’étude des minéraux belges. Oxyde de titane (ANATASE).

Plus on approfondit l’étude des roches anciennes, plus on est convaincu de la grande diffusion des minéraux titanifères. C’est ainsi qu'au hameau de Fodiaux, des habitants, en creusant un puits sur les bords du chemin d’Autre-Eglise, ont mis à découvert le quartzite silurien. |

Ayant prélevé un échantillon de cette roche ainsi qu'une certaine quantité d’une matière arénacée blanche que Je considère comme étant un produit d'altération de la roche primaire, je les ai soumis aux essais SUIVANIS :

Au microscope, le quartzite s’est montré fortement altéré et cer- tains granules de quartz semblent être pseudomorphosés (en kaolin?) ; de plus, on remarque quelques nodules de fimonite paraissant de la pyrite pseudomorphosée.

La matière terreuse a été soumise à une lévigation méthodique : le courant entraîne de nombreuses paillettes micacées blanches et de la limonite en poudre tellement impalpable, qu'elle reste plusieurs heures en suspension dans l’eau avant de se déposer. Finalement, on retrouve une petite masse de minéraux non entraînés, composée surtout de limonite, pyrite et quelques fragments de roches; de plus, en examinant avec soin ce dépôt, on remarque de petits octaèdres “noirs, brillants, et divers débris minéraux noirs, lustrés et très denses.

Les petits octaèdres quadratiques d’aspect métallique sont, en réalité, de l’anatase ayant de 4 à 2 millimètres de long et ressem- blant à s’y méprendre à l’anatase de Nil-Saint-Vincent, dont les cristaux ont été étudiés par MM. Cesàro, de Koninck et Prinz.

Ne possédant pas de goniomètre suffisamment précis pour mesurer des cristaux d’aussi petites dimensions, j’ai demandé à M. Cosyns de vouloir bien se charger de leur mesure et voici les chiffres qu’il à trouvés :

Angle calculé Angle mesuré

4 La bipyramide (144) : (411) 8209 8207/

14 PROCÈS-VERBAUX.

Une bipyramide (111) combinée à une autre pyramide très diffi- cile à déterminer, vu la rareté des échantillons que j'ai pu recueillir, mais semblant se rapprocher plutôt de la bipyramide (5-5-11) décrite par Rosenbusch que de la bipyramide (449) qu’a trouvée M. Prinz.

En effet, les mesures sont :

(XX) : (xxy) 97040’ et 9705’ (Tu) OLD) 18055 et 190

|

Je ferai néanmoins observer que le mauvais état des cristaux et le peu d'éclat des faces n'ont pas permis une plus grande approxima- ton.

Les cristaux, attaqués et désagrégés par le bisulfate potassique, donnent une solution se troublant par l'hydrogène sulfuré, ce qui semble indiquer la présence d’étain.

En outre de l'anatase, quelques prismes noirs, opaques et brisés suivant la base, montrent les cannelures caractéristiques de la tour- maline.

En résumé, les roches anciennes de cette région semblent devoir donner les mêmes minéraux que celles de Nil-Saint-Vincent, et j'ai cru utile d’atüurer l'attention des minéralogistes à ce sujet, pour le cas des travaux plus importants y seraient exécutés.

C. Van ne Wiee. L’évolution tectonique de la péninsule italienne depuis le Pliocène et ses rapports avec le sisme du détroit de Messine.

De toutes les régions de l’Europe, l'Italie est certainement la plus récente. Son sol est presque entièrement constitué par des roches qui se sont formées depuis le Crétacé supérieur. On sait l’importance du Pliocène marin dans la géologie de l'Italie et l'intensité du travail tectonique qu’il a subi. Ce n’est qu’au Nord et au Sud que l’on rencontre des roches plus anciennes que le Mésozoïque. En Ligurie, le prolon- gement des Alpes maritimes nous offre, depuis le Col de Tende jusqu’à Savona, la chaîne disparaît sous la mer, une bande de terrains dont l’âge va du Carbonifère jusqu’au Jurassique. Au Sud, la Calabre est formée par un groupe de massifs granitiques, recouverts par un manteau de roches cristallines anciennes dont l’âge n’a pas encore pu

SÉANCE DU 19 JANVIER 1909. 45

être fixé d’une façon définitive. Ce sont ces massifs qui sont le siège des sismes que nous voyons se succéder depuis plusieurs années. Le massif le plus septentrional, celui de la Sila, qui se trouve aujourd’hui à l’état de repos, est séparé du massif du Monte Pecoraro par un isthme étroit, qui s'étend du golfe de Santa Eufemia au golfe de Squillace ; ces deux golfes communiquaient au Pliocène.

Ce dernier massif se rattache à celui de l’Aspromonte, qui paraît subir un travail de dislocation. Au Pliocène, le petit massif de Monteleone s'en trouvait séparé par un canal marin étroit, aujourd'hui comblé grâce au soulèvement. A la pointe méridionale de l’Aspromonte, on rencontre un autre fragment du massif, les Monts Péloritains de la Sicile, qui en sont séparés aujourd'hui par le détroit de Messine. Celui-ci, formé par une fosse tectonique profonde de 1 000 mètres jus- qu’à la hauteur de Reggio, va rapidement en se relevant au Nord, jusqu’au voisinage de l’écueil de Charybde, le détroit ne présente plus que 100 mètres de profondeur et une largeur de 3 kilomètres. La formation de cette fracture ne paraît pas remonter bien loin dans le Pliocène, car on ne retrouve sur les bords du détroit que des dépôts peu importants de Pliocène et de Quaternaire marins; il est vrai qu’ils ont subi un mouvement de soulèvement très prononcé, comme nous le verrons plus tard.

Abandonnons pour un moment l'Italie méridionale et essayons de donner un aperçu de la disposition géologique du centre et du nord de la péninsule. On y rencontre deux zones tectoniques, l’une formée par la chaîne des Apennins du côté de l’Adriatique, l’autre située sur le versant tyrrhénien et constituée par des régions basses, s’accu- mulent les formations volcaniques de la Toscane, du Latium et de la Campanie.

ll nous suffira d'exposer les changements subis par ces deux zones à partir du Pliocène, pour montrer l’intensité et la rapidité de l’évolu- tion tectonique de la péninsule italienne.

Au début du Pliocène, la mer occupait le bassin du jusque tout contre le bord actuel des Alpes; seules, les collines de la Soperga, près de Turin, émergeaient au-dessus de la mer. Il n’est pas probable que ce prolongement de l’Adriatique communiquait avec la mer de Ligurie, : malgré la faible distance qui la sépare actuellement des plaines du P6, entre Gênes et Serravalle.

La mer qui oceupait le bassin du fleuve était plus profonde que l’Adriatique actuelle, car des sondages exécutés en Lombardie n’ont pas atteint le Pliocène à 180 mètres au-dessous du niveau marin,

16 PROCÉS-VERBAUX.

tandis que le fond de la mer Adriatique ne commence à atteindre la profondeur de 400 mètres que sur une ligne qui relie Zara de la côte dalmate au Gran Sasso d'Italia. Nous verrons plus tard combien ce chiffre est peu important en comparaison de celui des soulèvements des dépôts marins pliocènes et surtout éocènes, qui forment les Apen- nins. Les gîtes de Pliocène marin qui ont permis d'établir l'existence de la mer préquaternaire du Pô, se trouvent sur la lisière des Alpes, parfois à une hauteur de 100 mètres, soulèvement qui pourrait d’ail- leurs correspondre à un affaissement du centre du bassin.

La mer pliocène occupait le bord externe actuel des Apennins, elle s'étendait depuis le bassin supérieur du Pô, en passant par Turin, Alessandria, Tortona, Voghera et Ancôna. De cette ville jusqu’au Monte Gargano, la bande se rapproche de la méridienne, mais suit le rivage de la mer actuelle. A partir du Gargano, la bande pliocène passe à l’intérieur des terres, devant les masses tabulaires disloquées formées par des roches mésozoïques constituant le Gargano, et les tables de même constitution du Tavoliere des Pouilles, qui n'ont pas participé au mouvement de soulèvement du reste de la presqu'ile.

La mer pliocène formait donc un synclinal à travers l’Apulie et la Basilicate, et l’élargissement de celui-ci correspondait au golfe actuel de Tarente. On retrouve dans ce dernier une fosse longue et étroite, pro- fonde de 1000 mètres, qui s’avance jusque tout près de la ville de Tarente. C’est un vestige qui rappelle l’ancienne communication de la mer Adriatique pliocène avec les profondeurs de la mer lonienne. Le Pliocène marin non soulevé n1 plissé occupe la plus grande partie de la presqu'île de Tarente ; de l’autre côté du golfe, il revêt les hauteurs du versant oriental des massifs granitiques dont nous avons parlé plus haut, mais il pénètre tout à l’entour de chacun d’eux et leur forme une ceinture complète. [l v avait donc au Pliocène trois iles granitiques : la Sila, le Pecoraro et l’Aspromont ; cette dernière peut être rattachée aux Monts Péloritains, car les sédiments marins récents sont peu déve- loppés depuis Reggio jusqu’à Scilla, et font tout à fait défaut depuis Messine jusqu'à Syracuse. La bande de terrains tertiaires éocènes et pliocènes est très large sur le versant oriental de la Calabre ; on la retrouve au delà du golfe de Catane sur l'extrémité Sud-Est de la Sicile, dont elle forme la plaine, et elle paraît se continuer jusqu’à Malte, rattachée à la grande île par un plateau sous-marin à 100 me- tres à peine sous Île niveau de la mer. Celui-ci, de même que l’Apu- lie et la presqu’ile de Tarente, n’a pas participé au mouvement de soulèvement.

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On voit done que la bordure de sédiments pliocènes a été soulevée depuis le bassin supérieur du jusqu’à l’Aspromonte, mais le soulè- vement a été surtout prononcé dans le Sud de la péninsule. Les roches pliocènes du bassin du Tanaro n'atteignent guère 400 mètres de hau- teur. Puis elles se relèvent graduellement vers le Sud pour atteindre 4 100 mètres, au Monte dell” Ascensione près d’Ascoli Piceno, au Nord du Gran Sasso. Les hauteurs de 1 000 mètres deviennent plus fréquentes en Calabre, et elles atteignent 1 300 mètres sur l’Aspro- monte au Monte Alto, en face de Reggio. C’est ici également que l’on retrouve, à 700 mètres, le Quaternaire caractérisé par les immigrants marins, venus des mers boréales pendant la période glaciaire.

Au delà du détroit et du golfe de Catane, on retrouve le Pliocène occupant surtout la partie Sud-Ouest de la Sicile. Il y forme un golfe ouvert au Sud et dont le sommet se rapproche de l’Etna. Depuis Mar- sala jusqu’au cap Passero, le Pliocène est situé peu au-dessus du niveau de la mer, mais à mesure que les deux bords vont se rejoindre vers Cas- trogiovanni, les couches se relèvent jusqu’au niveau de 900 mètres. On sait que le plan de surface de la Sicile va en se relevant depuis la côte méridionale jusqu’à la côte tyrrhénienne. Cette dernière présente peu de gisements pliocènes, elle est formée par des roches tertiaires plus anciennes, au milieu desquelles s'élèvent des horsts formés de roches triasiques et jurassiques. Ces montagnes, qui se dressent au bord de la mer, paraissent être le résultat de la